jeudi 14 septembre 2017

Musée technologique du verre, San Ildefonso de la Granja

 Grandiose !!!
 ne soyez pas rebutés par ce titre car en matière d'art tout y est splendide, les bâtiments, les techniques employées, les collections du Musée et c'était un grand moment du voyage au même titre que d'autres monuments .
Ici, ce sont plutôt des créations artistiques de toutes les époques  et de tous les pays.
Pour bien comprendre une oeuvre il faut la connaître, c'est ce que je vous propose en commençant par l'historique du bâtiment et cela va être une longue histoire :

L'ancienne Manufacture Royale de Verre de la Granja est un des bâtiments industriels européens les plus représentatifs dy XVIII ème siècle.
 Et nous,  Français, y sommes pour quelque chose.
 Lorsque le duc d'Anjou, frère de Louis XIV devient roi d'Espagne sous le nom de Felipe V  (Philippe V)  il souhaite reproduire les fastes de Versailles et n'hésite pas à investir des sommes importantes pour les fabriquer sur place grâce à des artisans venus de France, d'Allemagne, ou de Bohème.
Ses successeurs, de Charles III à nos jours firent en sorte que ces lieux restent actifs
Nous verrons plus tard son palais à quelques centaines de mètres.
La matière première  est déjà sur place, la Sierra de Guadarrama sert de toile de fond :


Le bâtiment actuel est conçu en 1720 par Joseph Diaz, Gamonez. C'est un édifice de 25.000 m2 de pierres et de briques, de style néoclassique.
Les deux fours de fusion étaient surmontés de coupoles qui n'ont rien à envier aux cathédrales...


 La grande nef alignait 32 fours, maintenant éteints,  devant lesquels sont exposées les machines du XVIII ème siècle.
                       J'en ai photographié quelques unes au hasard :

 comme les blocs de verre "rochers verts", scories provenant des fours recyclables à vie.












 Les présentations faites nous pourrions entrer dans le vif du sujet, avec les vitraux de l'atelier Mauméjean Fréres, une des collections les plus importantes conservées ici .
9190 dessins, 6.288 plaques photographiques du dernier atelier Mauméjean à Madrid qui faisaient partie de l'échantillonage  proposé pour réaliser les commandes.









            je ne reviens pas sur la technique de la fabrication des vitraux


             http://www.realfabricadecristales.es/es/exposiciones/vidrieras-del-taller-maumejean-hermanos

 Les Mauméjean, belle famille de verriers français qui depuis Pau (64) en trois générations exportèrent  leur savoir-faire  dans le monde entier.

http://www.vidrierasmaumejean.com/es-vidrieras-maumejean-s-l-quienes-somos.html

                              quelques récentes créations

  Il est toujours possible de se rendre dans l'atelier où les souffleurs de verre fabriquaient ce jour là, à ce moment là,  une carafe.
 des carafes...... je vais vous en montrer  de toutes sortes, d'époques , de techniques différentes, encore faut-il que je mette un peu d'ordre dans tout cela.
Mon excitation était telle que j'allais et je venais, revenant sur mes pas photographiant tel ou tel autre chef d'oeuvre !!!  ou sous un angle différent 
on ne se refait pas !!! 

  C'est à la Granja que l'on utilisait les "tables de coulée" qui permettaient la fabrication des immenses miroirs qui décoraient les Palais Royaux. Elles étaient à l'origine en bronze, le verre  fondu  y était étalé  puis lissé par un rouleau puis introduit dans l'arche de recuit pour conclure le refroidissement et la solidification, je compte une bonne dizaine de personnes autour de cette opération dont la réussite résidait dans la rapidité des ouvriers ; on compte 30 arches de recuit dans la grande nef.

                         https://www.youtube.com/watch?v=gkDbe4K4N4o

                                                                                               à suivre

samedi 9 septembre 2017

d'autres vues de Ségovie

Pour ce matin je vous propose plutôt une promenade : mais auparavant je tiens à vous faire savoir qu'une découverte importante vient d'être faite en Grèce :

https://www.rts.ch/info/monde/8901277-l-ecole-suisse-d-archeologie-en-grece-decouvre-un-temple-sur-l-ile-d-eubee.html

Lorsque l'on quitte l'Alcazar en se dirigeant vers la ville,  un monument à des braves s'élève dans les jardins
... mais quels braves ??


il s'agit des artilleurs Luiz Daoiz et Pedro Velarde qui perdirent la vie lors du siège de Ségovie par les armées napoléoniennes.
La sculpture est d'Aniceto Marinas., célèbre sculpteur qui fut médaillé de plusieurs expositions internationales Munich, Madrid.

C'est le moment de vous montrer les quelques photos prises dans le Musée de l'Artillerie de l'Alcazar.





Mais on ne peut pas être en Espagne sans céder à la tradition des tapas où d'une bonne "sangria" et quoi de mieux qu'au Parador qui surmonte la ville.



Le lendemain matin, de dessus les remparts où je loge,  j'aperçois  des montgolfières qui prennent leur envol !

     le temps presse, il faudra quitter la ville avant midi, reste la cathédrale  et beaucoup d'autres choses, dont la maison d'Abraham Sennor  (1412-1493) dans le quartier juif des XV ème au XVII éme siècle qui fut celle aussi d'Andrès Laguna.


 Médecin, pharmacologue, botaniste, philosophe, penseur politique et humaniste;  il est passé par l'université de Salamanque où il apprit le grec pour pouvoir lire Dioscoride dans le texte (je joins le lien en français ).
Voyageur européen avant l'heure de l'Angleterre au Pays-Bas, la France bien sûr, à Metz et l'Italie et de nouveau l'Espagne avec l'insigne honneur d'être le médecin de Charles Quint.

 En route vers la cathédrale où nous n'aurons plus le temps d'entrer


 il est temps aussi de retirer la voiture de la place de parking trouvée avec difficulté la veille au soir

































Les architectes Juan et Gil de Hontaron sacrifièrent plusieurs maisons du quartier juif pour sa reconstruction sous les auspices de Charles Quint, en partie détruite pendant la révolte des "comuneros"





       exemple de survivance du gothique en pleine  période Renaissance
                                                             consacrée en 1618.






 Les boutiquiers sortent leurs marchandises,  quelques gitans déballent des colifichets au pied de la cathédrale :


                             têtes de toros en vannerie à même le sol.




le soleil n'est pas enore arrivé sur la Plaza Mayor et je n'aurai pas non plus le temps d'aller au pied du monument dédié à Juan Bravo.
 Si cet article n'est pas encore saturé, je voudrais  vous montrer l'église de San Martin du XII ème et vous dire que vous ne vous attendez sûrement pas aux merveilles que je vous réserve pour la semaine prochaine.

                                                          Bon week-end !!



cette tour clocher témoigne de la présence d'artistes mudéjares


 voici deux des quatre prophètes qui encadrent les piédroits du portail occidental, avec leur silhouette longiligne.



 la galerie porche sur trois côtés accueillait les corporations marchandes de la ville.











http://www.elnortedecastilla.es/pg060430/prensa/noticias/Segovia/200604/30/VAL-SEG-086.html

http://www.elnortedecastilla.es/20080316/segovia/escultor-millan-20080316.html?email=

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9s_Laguna_de_Segovia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_de_S%C3%A9govie


vendredi 8 septembre 2017

Segovie (suite)

 Vous avez pu avec l'article précédent avoir une vue d'ensemble du Ségovie historique :
  je  vais maintenant rentrer dans les détails, sans forcément respecter la chronologie.
L'âge d'or de cette cité se situe donc au XVI ème siècle.
 La dynastie d'Isabelle la Catholique  s'installe  ici avec  son  couronnement  au détriment de la "Beltraneja " que les grands d'Espagne considérent comme illégitime à la mort d'Henri V et qui malgré l'appui de son mari Alphonse V du Portugal ne parvient pas à s'imposer après ses défaites à Toro et Albuera.

 En 1520,  c'est Charles 1 er que nous connaissons  davantage sous le nom de Charles Quint, le petit-fils des Rois catholiques qui  reprend leur couronne.
Mais trois ans à peine après avoir pris possession de ses titres, à Tazones dans les Asturies il est proclamé en tant qu'héritier des Habsbourg et des ducs de Bourgogne, empereur du Saint Empire romain. 
Mais les castillans sont déçus, Charles délaisse ses sujets, s'entoure de flamands, son absolutisme, ses levées d'impôts déclarent une rébellion dont nous connaissons les chefs.

C'est ainsi que vous pouvez remarquer dans l'Alcazar, sur son blason, l'aigle à deux têtes.



             et ses murs caractéristiques en" sgraffite " qui consiste à gratter le badigeon pour faire se détacher les pourtours de la  couche inférieure selon
 le dessin choisi

       Malgré ses deux incendies l'on peut toujours admirer les plafonds artesonados mudéjars du XVème.



             de salle en salle tous aussi beaux les uns que les autres




            Alphonse VI aimait résider ici à cause de la pureté vivifiante de l'air où flottaient les senteurs résineuses des pinèdes voisines .

       
         choisis au hasard parmi les nombreux monarques représentés



                       à l'extérieur les jardins suspendus










Quelques belles verrières




















le soleil tourne à l'ouest et offre

encore une belle luminosité

il reste encore beaucoup à voir

dans la ville













































                             
                                   depuis l'Alcazar vue sur la ville



Segovie

Un peu plus à l'Est d'Avila voici une autre ville classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, quelques similitudes avec cette dernière, son altitude (1100 mètres)  sa proximité avec un autre massif montagneux, la Sierra de Guadarrama des remparts qui enserrent la vieille ville mais deux fleurons :
- l'aqueduc romain du 1 er siècle, construit sous Domitien "'un pont pour trente    mers " disait Gongora. La state de la Vierge Marie a remplacé celle d'Hercule qui fonda la cité dit-on après le déluge.....


la circulation et surtout le parking fut un véritable casse-tête entre les zones bleues, les zones vertes introuvables dans la partie haute, les contre-venants sans cesse en rotation pour vérifier vos horaires !!! c'est pour cela que l'aqueduc (que je connaissais déjà) est pris depuis la voiture.

- l'Alcàzar  se dresse au dessus du promontoire qui le soutient comme la proue d'un navire. et c'est lui qui vous accueille si vous abordez la ville de ce côté.
Ses toits d'ardoise aussi sont surprenants : on les doit à  Philippe II au XVI ème siècle sans doute pour rappeller à son épouse Anne-d'Autriche les toits de son pays. 
Mais auparavant beaucoup d'autres sont passés par là : et comme partout en Espagne  se sont succédés, Romains, Arabes et souverains médiévaux.




 Histoire si variée et mouvementée que je ne sais trop par quel bout commencer. Le plus simple est de suivre la chronologie:
 -1258 et 1278 Alphonse X le Sage y tient des Etats généraux
 -1400  Prédications de St Vincent Ferrer
 -1474, couronnement d'isabelle de Castille 
- 1521  Charles Quint  écrase la révolte des "comuneros"
- 1587 l'architecte Francisco  de Morar achève les jardins
- 1764 Charles III y établit le siège de la première académie militaire d'espagne
- 1775 Prison d'Etat pour les pirates capturés le long des côtes tunisiennes
- 1808 Les troupes de Napoléon en firent le siège et le général Frere s'empare de Segovie

 C'est ici que sont décapités sur ordre de Charles Quint les 'comuneros" dont je vous ai déjà parlé à Salamanque, dont Francisco Maldonado (Casa de las Conchas). Juan Bravo, ségovian et le Tolédan Juan de Padila
Vous serez surpris d'apprendre que la plus célèbre des prisonnières  comme  le duc de Guise, soit Marie Mancini l'impossible grand amour de Louis XIV.. 
Il parait qu'elle s'y gelait .......
D'autres épisodes tragiques s'y déroulèrent comme la mort du jeune fils d'Henry de Trastamare malencontreuseement laché d'une fenêtre par sa nourrice.
Plus chanceuse la jeune juive Maria Saltos (Esther,  sainte patronne de Ségovie) précipitée du haut des rochers,  condamnée pour un crime dont elle était innocente, en réchappa et voua sa vie à la Vierge Marie  dans un couvent voisin.
La communauté juive était importante à Segovie et leur quartier se situe au pied de la cathédrale .
 On battait monnaie à Segovie  et ses filatures avec 34.000 ouvriers étaient célèbres. On y fabriquait le "bayeton"  épais, imperméable, les femmes retroussaient sur leur tête en cas de pluie, ce cotillon de bure, le refajo.
 Il me reste encore à évoquer au 18 ème siècle notre compatriote angevin Louis Proust chimiste qui énonça ici en 1808 sa loi sur les proportions définies

Ce petit tour de Ségovie est une introduction et il me reste une tonne de photos  à partager avec vous, pour illustrer tout cela, ce que je ferai dans la journée car pour l'instant j'ai un courrier important à poster.



                 Je reviendrai à cette occasion sur tout cet historique

https://www.youtube.com/watch?v=9osTmT71pyk
https://www.histoire-et-secrets.com/articles.php?pg=353&lng=fr

https://books.google.fr/books?id=35w5DgAAQBAJ&pg=PT172&lpg=PT172&dq=marie+mancini+%C3%A0+Segovia&source=bl&ots=o36FMFt2to&sig=94YIgLRfThiiZqWyfCKm3GgmPOU&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjt2NyzgZXWAhXBWhoKHbq2CusQ6AEIJjAA#v=onepage&q=marie%20mancini%20%C3%A0%20Segovia&f=false

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Ferrier